´ˇ°ůł¦łóľ±±ąĂ©: Prise de Position de l’AMM sur l’obĂ©sitĂ© des enfants


AdoptĂ©e par la 67e AssemblĂ©e GĂ©nĂ©rale de l’AMM, Taipei, Taiwan, Octobre 2016
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brogĂ©e et archivĂ©e par la 76e AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l’AMM, Porto, Portugal, octobre 2025

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L’obĂ©sitĂ© infantile est une maladie touchant de nombreux enfants et Ă©mergeant comme une Ă©pidĂ©mie croissante. En raison de sa prĂ©valence en augmentation et de son impact immĂ©diat et Ă  long terme sur la santĂ©, l’obĂ©sitĂ© infantile devrait ĂŞtre considĂ©rĂ©e comme très prĂ©occupante pour la santĂ© publique. L’augmentation de l’obĂ©sitĂ© infantile peut ĂŞtre attribuĂ©e Ă  de nombreux facteurs :

  • De rĂ©centes Ă©tudes montrent que la publicitĂ© alimentaire ciblĂ©e sur les enfants influence beaucoup   les tendances d’achat et les prĂ©fĂ©rences alimentaires des mĂ©nages dans le monde entier. Les offres spĂ©ciales, les rĂ©ductions de prix Ă  court terme et d’autres promotions sur les prix ainsi que la publicitĂ© sur les rĂ©seaux sociaux et les rĂ©seaux traditionnels, tout cela joue un rĂ´le sur la demande de produits.
  • De nombreuses publicitĂ©s sont en conflit avec les recommandations diĂ©tĂ©tiques des instances mĂ©dicales et scientifiques. Les publicitĂ©s Ă  la TV sur les produits alimentaires avec peu ou aucune valeur nutritionnelle sont souvent programmĂ©es Ă  des heures de grande Ă©coute des enfants et visent Ă  encourager le dĂ©sir de manger sans corrĂ©lation avec la faim. Les publicitĂ©s accentuent la rĂ©ponse Ă©motionnelle des enfants Ă  la nourriture et exploitent leur confiance. Ces mĂ©thodes et techniques sont Ă©galement utilisĂ©es dans les mĂ©dia non traditionnels tels que les rĂ©seaux sociaux, les jeux vidĂ©o et les sites internet destinĂ©s aux enfants.
  • Les mauvais choix alimentaires conjointement Ă  un mode de vie malsain et Ă  un manque d’exercice contribuent Ă  l’obĂ©sitĂ© infantile. De nos jours le mode de vie sĂ©dentaire est le facteur prĂ©dominant dans le monde dĂ©veloppĂ©. Les enfants aujourd’hui n’ont jamais passĂ© autant de temps devant les Ă©crans et sont rarement actifs sur le plan physique.
  • Les entreprises et groupes alimentaires internationaux ne sont pas toujours soumis aux rĂ©glementations rĂ©gionales concernant l’étiquetage des aliments. La recherche de profits peut se faire au dĂ©pend de la responsabilitĂ© de l’entreprise en matière d’environnement et de santĂ© publique.
  • Les aliments contenant beaucoup de sucre, de graisses et de sel peuvent ĂŞtre addictifs, notamment lorsqu’ils sont combinĂ©s avec des exhausteurs de goĂ»t. Dans certains pays, les ingrĂ©dients ne sont pas tous mentionnĂ©s sur les Ă©tiquettes alimentaires et souvent les fabricants de produits alimentaires refusent de publier des donnĂ©es sur les mĂ©thodes destinĂ©es Ă  maximaliser la consommation de leurs produits. Les gouvernements devraient exiger que tous les ingrĂ©dients des produits alimentaires soient clairement mentionnĂ©s sur les Ă©tiquettes y compris ces ingrĂ©dients brevetĂ©s destinĂ©s Ă  augmenter la consommation du produit.
  • Les disparitĂ©s socio-Ă©conomiques sont Ă©galement en corrĂ©lation avec l’augmentation de l’obĂ©sitĂ© infantile en hausse.  Le lien entre le fait de vivre dans la pauvretĂ© et l’obĂ©sitĂ© prĂ©coce des enfants  continue d’affecter la santĂ© une fois dans la vie adulte.[1]  L’exposition aux agents contaminants dans l’environnement, la raretĂ© des checkups mĂ©dicaux, un accès insuffisant aux aliments nourrissants et une activitĂ© physique limitĂ©e    mènent  Ă  l’obĂ©sitĂ© et Ă  d’autres maladies chroniques   plus frĂ©quemment observĂ©es parmi les enfants vivant dans la pauvretĂ©.

RECOMMANDATIONS

  1. Un programme complet est nĂ©cessaire pour lutter contre l’obĂ©sitĂ© dans tous les segments de la population, avec une attention particulière accordĂ©e aux enfants. L’approche doit inclure des initiatives sur le prix et la disponibilitĂ© des aliments nourrissants, l’éducation, la publicitĂ© et le marketing, les informations, l’étiquetage et d’autres particularitĂ©s rĂ©gionales et nationales. Une approche similaire Ă  celle du tabac dans la Convention Cadre pour la lutte anti-tabac est prĂ©conisĂ©e.
  1. Des études au niveau mondial soulignent l’importance d’adopter une approche intégrée de l’éducation et de la promotion de la santé. Investir dans l’éducation est la clé pour réduire la pauvreté, améliorer la santé de la population et générer des bénéfices économiques.
  2. Une éducation de qualité proposée dans des structures formelles aux enfants âgés de 2 à 3 ans, combinée avec des   activités enrichissantes pour les parents et un approvisionnement suffisant en aliments nourrissants contribuent à réduire le taux d’obésité des adolescents et limitent les conséquences sanitaires tout au long de la vie.
  3. Les gouvernements devraient investir dans l’éducation ayant trait à la conception des menus, aux achats alimentaires y compris à l’établissement du budget, au stockage et à la préparation afin que les personnes soient mieux équipées pour planifier leur apport alimentaire.
  4. Les gouvernements devraient tenter de réglementer la disponibilité des aliments à faible valeur nutritionnelle par une série de méthodes incluant le prix. Il faudrait être attentif à la proximité des écoles de magasins vendant des aliments de faible qualité nutritionnelle. Là où cela est possible, les gouvernements et les autorités locales devraient chercher à gérer la densité de tels magasins dans les zones scolaires.
  5. Les gouvernements et les autoritĂ©s locales devraient subventionner et encourager les activitĂ©s assurant la promotion d’un bon Ă©tat de santĂ© parmi leurs rĂ©sidents y compris en leur fournissant des espaces sĂ»rs pour marcher ou faire de la bicyclette.
  6. Les gouvernements devraient envisager d’imposer des taxes sur les aliments non nourrissants et les boissons sucrées et utiliser les revenus ainsi perçus pour financer la recherche et les études épidémiologiques destinées à prévenir l’obésité infantile et à réduire les risques de maladies.
  7. Les ministres de la santé et de l’éducation devraient réglementer les aliments et les boissons vendus et servis dans les écoles.
  8. Etant donné le lien scientifiquement prouvé entre la consommation médiatique et les effets néfastes sur le poids corporel des enfants, l’AMM recommande que la publicité des produits non nourrissants soit limitée pendant les programmes de télévision et d’autres formes de média ciblés sur les enfants.
  9. Les gouvernements devraient travailler avec des spécialistes de la santé indépendants pour établir des conseils alimentaires et nutritionnels, sans implication aucune de l’industrie des aliments et des boissons.
  10. Les gouvernements et les autorités locales devraient subventionner et encourager les activités assurant une bonne santé  parmi leurs résidents y compris en leur fournissant des espaces sûrs pour marcher, faire de la bicyclette et pratiquer d’autres activités physiques. 
  11. Les écoles devraient inclure une activité physique tous les jours. Il devrait être possible pour tous de participer à des activités sportives quelle que soit leur situation économique.
  12. Les Associations Médicales Nationales devraient soutenir ou développer de directives et de recommandations reflétant les connaissances actuelles en matière de prévention et de traitement de l’obésité infantile.
  13. Les Associations Médicales Nationales devraient sensibiliser davantage le public sur l’obésité des enfants et souligner la nécessité de lutter contre la prévalence croissante de l’obésité et son fléau sanitaire et économique.
  14. Les cliniques et les organisations de santé devraient employer des professionnels bien formés pour proposer des cours et des consultations afin de savoir choisir la bonne dose d’aliments nourrissants et atteindre un niveau optimal d’activité physique pour les enfants. Elles devraient aussi veiller à ce que leurs locaux soient exemplaires en matière d’aliments sains proposés.
  15. Les écoles devraient employer des professionnels bien formés qui enseignent des modes de vie sains dès le jeune âge et permettre à tous les enfants, quel que soit leur milieu social, de pratiquer des activités physiques régulières.
  16. Les mĂ©decins devraient guider les parents et les enfants sur la manière d’avoir un mode de vie sain et souligner l’importance d’un tel mode de vie. Ils doivent identifier dès que possible l’obĂ©sitĂ© de leurs patients, notamment celle des enfants. Ils devraient adresser les patients obèses Ă  des services appropriĂ©s dès que possible et assurer des suivis rĂ©guliers.
  17. Les médecins et les professionnels de santé devraient être éduqués sur le plan diététique, sur la prévention et le traitement de l’obésité. Cela pourrait se faire en renforçant la formation permanente axée sur la médecine nutritionnelle.
Prise de position
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